E&Y: Les IDE stagnent en Europe à cause de la crise, la République tchèque toujours dans le TOP20

4.6.2009 | Ernst & Young, CzechInvest | Même les favoris des investissements directs étrangers des dernières années, la République tchèque,la Slovaquie et la Turquie ont enregistré une baisse. La République tchèque reste cependant parmi les vingts meilleurs.

Les investissements directs étrangers (IDE) ont stagné l'année dernière en Europe. La crise mondiale a ainsi des conséquences dans ce domaine aussi. Cela découle des résultats du septième baromètre de la société Ernst & Young sur les projets d'investissement en Europe. La République tchèque appartient toujours au groupe des vingts pays les plus attractifs au monde pour les investissements. Elle a cependant chuté de la 9e à la 14e place dans le classement total en fonction du nombre de projets étrangers implantés et ce, en dépit du fait qu'elle a obtenu en 2008 5 % de projets d'IDE de plus qu'en 2007. En nombre d'emplois créés, elle a même enregistré une baisse de 63%. Il est possible de constater une tendance similaire aussi dans d'autres États européens. Même si le nombre d'investissements en Europe en 2008 n'a presque pas changé, l'effet sur l'emploi de la récession en cours d'installation est notable.

L'incertitude apportée par la crise économique a momentanément changé les priorités des investisseurs qui donnent maintenant la préférence à des marchés plus traditionnels. Selon le sondage réalisé en février de cette année auprès de809 investisseurs du monde entier, l'Europe occidentale(40 %) et l'Europe centrale et orientale (39 %) sont évaluées à part égale comme les régions les « plus sûres », i.e. comme régions les plus attractives pour implanter une filiale ou élargir son activité. L'intérêt des investisseurs pour le Brésil, la Russie, l'Inde ou la Chine a momentanément baissé. La région la plus attirante pour les investissements directs de l'étranger dans les trois années à venir sera l'Europe centrale et orientale. Jusqu'à 52% des investisseurs interrogés en sont persuadés.

« Les leaders de l'économie mondiale ont aujourd'hui surtout à cœur de laisser passer la crise et de rentabiliser au maximum leurs actifs actuels. Même si l'entrée sur de nouveaux marchés offre d'énormes opportunités, elle est aussi accompagnée d'une augmentation des risques. L'Europe est perçue comme prévisible et sûre. Les investisseurs sont aujourd'hui aussi plus loyaux vis à vis de leur pays d'origine et de leurs marchés traditionnels, ils préfèrent rester chez eux plutôt qu'investir à l'étranger. La bonne nouvelle est que selon notre sondage, l'Europe centrale et orientale sera dans les trois années à venir la région la plus attractive pour les investissements directs de l'étranger, » dit Magdalena Souček, Managing partner d'Ernst & Young en République tchèque.

Bien que le nombre de projets en Europe n'ait pratiquement pas changé en 2008, l'effet sur le chômage de la récession en cours d'installation est notable. 3 718 projets d'investissement ont été annoncés l'année dernière en Europe, six de plus qu'en 2007. Le nombre de postes que ces projets d'investissement créeront, 148 333, a quant à lui baissé de 16 %.

« Sur la base des données de 2008 il n'est cependant pas encore possible de se faire une idée complète de l'effet réel de la crise économique sur les investissements directs de l'étranger. Les décisions d'investissement réalisées en 2008 avaient en effet été prises de nombreux mois avant l'arrivée de la crise, et c'est pourquoi le volume de projets réalisés en Europe est resté quasi-inchangé par rapport à 2007. Je crains que la situation en 2009 ne soit totalement différente, » déclare Magdalena Souček, Managing partner de la société Ernst & Young en République tchèque.

Même si la République tchèque a bien acquis en2008 5 % de projets supplémentaires par rapport à l'année précédente, dans le classement global du nombre de projets étrangers implantés, elle a cependant perdu des places, passant de la 9e à la 14e. En nombre de postes créés, elle a enregistré une chute rapide, de 63 % (5 626 postes annoncés à comparer avec 15 102 postes en 2007).

Gagnants et perdants

Parmi les premières victimes de la crise sont les technologies de l'information et les services économiques et financiers, car leurs clients ont dû limiter leur demande pour ces produits. La baisse la plus marquante a touché le Royaume-Uni, la France et l'Espagne. Dans ces pays, le nombre de postes nouvellement créés dans ces secteurs a chuté de tout un tiers en 2008.

Des favoris des dernières années des investissements directs de l'étranger, comme le sont la République tchèque, la Slovaquie ou la Turquie, ont aussi noté une baisse marquante, surtout dans les industries automobile et électrotechnique.

Selon l'agence CzechInvest, la taille des investissements chute à long terme. « Tandis que dans les années quatre-vingt-dix nous étions attrayants pour de grands projets sur terrain vierge qui demandent des investissements énormes dans les bâtiments, les machines et l'équipement, ce sont aujourd'hui dans une mesure de plus en plus grande des sociétés qui n'ont pas besoin d'équipements si chers mais investissent surtout dans les formations et l'éducation de leurs employés – programmeurs, concepteurs, chercheurs et autres – qui choisissent la République tchèque, » déclare Alexandra Rudyšarová, directrice générale de l'agence CzechInvest.

 « 2008 a apporté un retournement fondamental dans la composition des nouveaux investissements. C'était la toute première fois que les services, y compris la R&D, représentaient une majorité des nouveaux projets. Ce sont les entreprises de développement logiciel qui ont apporté le plus d'investissements – alors qu'il n'y a que quelques années l'industrie automobile régnait, indétrônable, parmi les nouveaux projets d'investissement. Une importance similaire est désormais l'apanage d'un secteur qui n'appartient pas à l'industrie, mais aux services, » complète Alexandra Rudyšarová.

Certains secteurs économiques réussissent quant à eux pour l'instant mieux à résister à la crise que d'autres. Par exemple les investissements directs de l'étranger dans l'industrie mécanique ont augmenté de 19 % en Europe. Avec près de six mille postes créés, l'énergie renouvelable, pour laquelle s'ouvrent sur le marché de nombreuses nouvelles opportunités, fait partie des secteurs qui ont le plus de succès.

Une tendance positive ou du moins stable dans le domaine des IDE est montrée par l'Allemagne, la Suisse, la Suède, l'Italie et l'Irlande. Les 28 % d'augmentation de volume des investissements directs de l'étranger en Allemagne sont surtout dus au fait que les investisseurs étrangers la choisissent souvent comme centrale non seulement pour ce marché mais pour tout le marché d'Europe orientale et aussi à la demande pour les services économiques et les logiciels.

La première place dans le classement des pays européens qui ont le plus de succès en nombre d'investissements directs de l'étranger est allée au Royaume-Uni où ont été réalisés 686 projets d'investissement en 2008, ce qui représente seulement 4 % de moins que l'année précédente. Le numéro un dans le domaine des investissements directs de l'étranger a ainsi pour l'instant constaté seulement une baisse minimale malgré la crise économique. La France, l'Allemagne et l'Espagne, pays qui font partie des cibles les plus importantes des investisseurs européens depuis déjà 1997, ont aussi conservé leur position parmi les quatre premiers.

Perspectives pour 2009

En 2009 les effets de la crise économique sur les investissements directs de l'étranger se feront plus sentir. Les données provisoires disponibles pour le premier trimestre montrent déjà que le nombre de projets nouvellement annoncés a baissé de 8 % par rapport à la même période en 2008. En ce qui concerne le reste de l'année en cours,53 % des investisseurs de premier plan interrogés dans le cadre du sondage ne planifient plus aucun nouvel investissement ni élargissement d'investissement existant.

« La crise financière a conduit nombre de sociétés à arrêter ou du moins limiter les nouveaux investissements. Cela a touché la République tchèque tout autant que par exemple l'Allemagne ou encore la Chine. Ce sont cependant les perspectives pour les années à venir qui sont importantes. Selon les résultats du sondage, la région d'Europe centrale et orientale reste la zone la plus attrayante au monde pour les investissements futurs. Si l'on se penche sur le passé, la République tchèque a profité des ralentissements de l'économie mondiale. Au début du millénaire, c'est justement la situation économique complexe qui a motivé les entreprises à chercher des implantations plus avantageuses. À ce moment, la République tchèque était déjà, grâce à un système élaboré de soutien aux investisseurs, préparée à accueillir de nouvelles sociétés et à créer des conditions adaptées pour elles. Même si l'économie tchèque a depuis nettement changé, les coûts d'entreprise sont toujours, à comparer avec, par exemple, l'Allemagne ou la France, inférieurs. De plus, nous avons eu le temps de nous bâtir une réputation de pays avantageux pour les services, et c'est justement sur ce genre d'investisseurs que nous devons nous concentrer, » déclare la directrice générale de l'agence CzechInvest,Alexandra Rudyšarová.

 D'où viennent les investissements

Parmi les investisseurs étrangers les plus importants en Europe, on trouve des sociétés européennes (surtout allemandes, britanniques et françaises – 51 %) et américaines (25 %). Les investisseurs originaires du Brésil, de Russie, d'Inde ou de Chine financent pour l'instant un nombre relativement bas de projets (6 %), mais leur part augmente rapidement. Le nombre de projets chinois et indiens, par exemple, a augmenté de 118 en 2007 à 182 l'année dernière. La majeure partie de ces investissements pointe vers le Royaume-Uni.

 Attractivité des métropoles mondiales

Londres a pour la septième fois été couronnée métropole européenne la plus attirante, avec 262 projets d'investissement implantés. Même la métropole britannique n'est cependant pas totalement immunisée contre la pression de la crise car après quatre années de croissance, le volume total de projets a été l'année dernière plus bas qu'en 2007 de 14 %. Son avance sur ses concurrents les plus proches reste cependant marquante : Paris a fini deuxième avec 222 projets, Madrid était troisième avec 80 projets. Les métropoles asiatiques à croissance rapide comme  Shanghai, Bangalore, et d'autres villes qui réussissent à attirer connaissances et expériences étrangères, prennent cependant rapidement d'attaque la position dominante des centres traditionnels du monde développé au nombre desquels on compte aussi les capitales des pays européens.

 « Ni même la crise économique ne peut cependant empêcher que les forces de l'attractivité économique se déplacent graduellement de l'Ouest vers l'Est et du Nord au Sud. Qui continue de croire dans les opportunités des marchés en développement ne se trompe sûrement pas. Selon une étude récemment publiée par la société Ernst & Young, la part du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine dans la croissance de l'économie mondiale entre 2009 et 2020 atteindra jusqu'à 40 %, » ajouteMark Otty, Area managing partner d'Ernst & Young pour la zone Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique.


Sur l'étude

L’étude d’attractivité de l’Europe pour les investisseurs étrangers pour l'année 2009, menée par la société Ernst & Young au cours des 12 mois de l'année dernière, est fondée sur une méthodologie propre basée sur deux sources d’information reflétant les facteurs suivants :

  • L'attractivité « objective » des pays européens pour les investissements étrangers. Ces informations proviennent de la base de données European Investment Monitor (EIM) d'Ernst & Young, où sont accumulées les données sur les projets d'investissements directs étrangers sur la base desquels une nouvelle production a été lancée ou de nouveaux emplois créés. En excluant les investissements de portefeuille, les fusions et acquisitions, elle donne une image fidèle des investissements étrangers dans la production ou les services sur tout le continent.
  • L'attractivité « subjective » des pays européens et de leurs concurrents d'autres continents pour les investisseurs étrangers. L'attractivité d'un pays ou d'une région est donnée par ces facteurs : « image », confiance des investisseurs et capacité du pays ou de la région à proposer aux investisseurs étrangers des avantages concurrentiels. Ces informations ont été recueillies par l'agence indépendante CSA qui a interrogé par téléphone en février et mars de cette année un panel représentatif de 806 cadres dirigeants.

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